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ESG, RSE, durabilité : pourquoi les entreprises doivent reprendre le contrôle de leurs données

Consommation d’énergie, achats, déchets, formation, absentéisme… Une entreprise produit déjà de nombreuses données utiles à sa démarche RSE, souvent sans les identifier comme telles.

Le problème apparaît lorsqu’il faut les retrouver. Elles peuvent être dispersées entre la comptabilité, des factures, un logiciel RH, différents tableaux ou les dossiers des collaborateurs.

Or, ces informations servent de plus en plus à piloter l’activité, suivre les actions engagées et répondre aux demandes des clients ou partenaires.

Pour une TPE-PME, l’objectif n’est donc pas de créer un reporting complexe. Il consiste surtout à reprendre le contrôle de ses données : savoir lesquelles suivre, où les retrouver et comment les justifier.

les chiffres qui interpellent 

75 %

des TPE-PME exploitent déjà les données de leur entreprise pour piloter leur activité.
Source : Baromètre France Num 2025 – 11 021 TPE-PME interrogées.

30 %

seulement
construisent des tableaux de bord transverses regroupant plusieurs types de données.
Source : Baromètre France Num 2025.

23 %

des TPE-PME ont réalisé des investissements en faveur de leur transition verte en 2025.
Source : Bpifrance Le Lab – Baromètre TPE-PME, janvier 2026.

Ces chiffres illustrent bien l’enjeu : les petites entreprises utilisent déjà leurs données et engagent des actions, mais elles ont encore intérêt à mieux structurer les informations nécessaires pour suivre leurs résultats.

1. Fiabiliser : suivre les données qui comptent vraiment

Une TPE n’a pas besoin de suivre des dizaines d’indicateurs ESG. Mieux vaut commencer avec quelques données directement liées à son activité et sur lesquelles elle peut réellement agir.

Selon le secteur, cela peut concerner la consommation d’électricité ou de carburant, les déchets, les achats de matières, les heures de formation, l’absentéisme ou encore certains indicateurs liés aux fournisseurs.

L’important est surtout de conserver la même méthode de mesure dans le temps. Une donnée devient réellement utile lorsqu’elle permet de comparer deux périodes et de constater une évolution.

Par exemple, pour mesurer les efforts réalisés sur l’énergie, il est préférable de suivre les kWh consommés plutôt que le seul montant de la facture. Une baisse du prix de l’électricité peut faire diminuer la facture sans que la consommation de l’entreprise ait réellement baissé.

Pour commencer simplement :

  • choisissez quelques indicateurs adaptés à votre activité ;
  • définissez la période et le périmètre suivis ;
  • appuyez-vous sur une source fiable : facture, relevé, logiciel ou document interne.

 

L’objectif : mesurer moins, mais mesurer mieux.

2. Centraliser : arrêter de chercher l’information partout

Les TPE-PME exploitent déjà beaucoup de données : 64 % utilisent leurs informations comptables et financières pour piloter leur activité, 53 % leurs données clients et ventes, 40 % leurs données RH et paie et 38 % leurs données fournisseurs et achats. (Source : Baromètre France Num 2025 – Direction générale des Entreprises. )

Mais ces informations restent souvent réparties entre différents outils.

France Num relève d’ailleurs, dans son enquête qualitative auprès de dirigeants de TPE-PME, que certaines petites entreprises s’appuient encore principalement sur leur comptable ou sur des tableurs, tandis que d’autres utilisent plusieurs logiciels sans véritable cohérence entre eux.

Centraliser ne signifie pas forcément investir immédiatement dans une nouvelle solution informatique. Un tableau partagé bien construit peut déjà constituer une première étape.

Pour chaque indicateur, l’entreprise doit pouvoir retrouver facilement sa valeur, la période concernée, son origine et, lorsque cela est nécessaire, le document qui permet de la vérifier.

Cette organisation évite de rechercher ou de recalculer les mêmes informations à chaque demande. Elle permet aussi de disposer d’une version commune et actualisée des chiffres utilisés dans l’entreprise.

3. Tracer : pouvoir prouver ce que l’on annonce

La donnée prend encore plus de valeur lorsqu’elle permet de démontrer les progrès réalisés.

C’est particulièrement important en matière environnementale. Une entreprise qui affirme avoir réduit ses consommations, ses déchets ou son impact doit être capable d’expliquer sur quelles données elle s’appuie.

Plutôt que d’affirmer :

« Notre entreprise est plus écologique. »

il est plus précis d’indiquer, par exemple :

« Notre consommation d’électricité a diminué de 12 % entre 2025 et 2026 sur notre établissement principal. »

À condition, bien entendu, de conserver les relevés permettant de vérifier ce résultat.

La traçabilité consiste donc à garder la donnée d’origine, la période concernée et la preuve qui l’accompagne.

Cet enjeu devient également commercial. Dans le Baromètre Achats Responsables 2025 ORSE-Bpifrance-PwC, 66 % des fournisseurs interrogés indiquent être sollicités parfois ou souvent par leurs clients sur des sujets environnementaux, sociaux ou éthiques. L’échantillon est composé essentiellement de PME et d’ETI.

Être capable de retrouver rapidement une information fiable peut donc aussi faciliter les échanges avec certains clients et donneurs d’ordre.

Comment votre expert-comptable peut vous accompagner ?

L’enjeu n’est pas seulement de collecter davantage de données, mais de sélectionner celles qui apportent une information réellement utile au dirigeant.

Votre expert-comptable peut vous aider à identifier les bons indicateurs, à organiser leur suivi et à rapprocher certaines données RSE des informations économiques et financières de l’entreprise.

Consommation d’énergie et charges, investissements environnementaux et financement, absentéisme et organisation du travail, achats et fournisseurs : rapprocher ces informations permet de donner davantage de sens aux données collectées.

L’objectif est progressivement de les intégrer au pilotage de l’entreprise afin de pouvoir :

  • suivre l’évolution de quelques indicateurs ;
  • mesurer les résultats des actions engagées ;
  • identifier les écarts ;
  • disposer d’informations fiables lorsque celles-ci sont demandées par un partenaire.

 

La RSE devient alors moins un exercice de reporting qu’un outil supplémentaire pour comprendre l’entreprise et orienter ses décisions.

Citation

« Une accumulation de faits n’est pas plus une science qu’un tas de pierres n’est une maison. »
Henri Poincaré, La Science et l’Hypothèse.

Conclusion

Reprendre le contrôle de ses données RSE ne signifie pas mettre en place un système complexe.

Pour une TPE-PME, la démarche peut commencer simplement : quelques indicateurs utiles, des informations regroupées au même endroit et des justificatifs faciles à retrouver.

Des données mieux organisées permettent de suivre les progrès réalisés, de répondre plus facilement aux demandes extérieures et, surtout, de transformer les engagements RSE en informations utiles pour piloter l’entreprise.

En matière de RSE, l’enjeu n’est pas d’avoir toujours plus de données, mais de disposer des bonnes données au bon moment.

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